Broussaud Textiles, une affaire de famille

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Broussaud Textiles, une affaire de famille

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Saison 1 – EP 03

Broussaud Textiles, une affaire de famille

Alexandra Broussaud (Directrice Générale, Broussaud Textiles) : L’idée est de toujours progresser, toujours apporter plus à nos clients. Travailler les matières, les produits, évoluer surtout sur le produit. Pas forcément devenir une grosse structure avec beaucoup de salariés, ce n’est pas ça notre ambition. C’est vraiment d’évoluer sur le produit et la productivité.

Jingle

Charles (Cofondateur du Vent à la Française) : Salut à toutes et à tous et bienvenu sur les Podcasts du Vent.
À travers ce format, on veut vous faire découvrir notre quotidien, nos valeurs, et celles de nos collaborateurs. Alors ensemble, on part à la rencontre des français qui font bouger les choses.

Jingle 

Je suis avec Alexandra Broussaud, Directrice de Broussaud Textiles, l’entreprise qui fabrique nos chaussettes. Alexandra est très attachée au Made in France et défend les valeurs de son entreprise au quotidien.

Aymeric Broussaud, Charles Tissier, Alexandra Broussaud dans les ateliers Broussaud Textiles


  • Charles : Bonjour Alexandra, merci d’avoir répondu positivement à cette interview pour le podcast du Vent à la Française

AB : Bonjour, merci à toi ! 

  • Charles : Alexandra, peux-tu te présenter et nous dire ce que tu fais dans la vie ?

AB : Je suis Directrice générale de Broussaud Textile. Avec mon mari, nous avons repris ensemble l’entreprise familiale en 2006. Cela fait maintenant 15 ans que l’on se partage l’entreprise.

  • Charles : C’était qui Alexandra quand elle avait 15 ans ?

AB : Quand elle avait 15 ans, Alexandra, elle rentrait au lycée. Une lycéenne qui se voyait prof de français ! 

  • Charles : Prof de Français alors ? Ça a bien changé ! 

AB : Voilà, ça a évolué, en effet. Avec les années de lycée qui sont passées, l’évolution, les envies qui changent et qui ne sont plus les mêmes, les convictions.

  • Charles : Depuis 2006 tu mènes une entreprise tri générationnelle, donc familiale. Peux-tu nous dire où tu veux l’emmener ? 

AB : Aujourd’hui on est déjà contents de là où on est. Il faut quand même dire que l’on a repris en 2006 derrière mes beaux-parents qui malheureusement avaient liquidés l’entreprise à cette époque-là. Nous sommes vraiment partis de zéro avec Aymeric. Aujourd’hui nous avons 47 salariés exactement, à temps plein. Donc on est déjà très contents de là ou on est. L’idée c’est de toujours progresser, toujours apporter plus à nos clients. Travailler les matières, les produits, évoluer surtout sur le produit. Pas forcément devenir une grosse structure avec beaucoup de salariés, ce n’est pas ça notre ambition. C’est vraiment d’évoluer sur le produit et la productivité.

  • Charles : Plus rester familiale ?

AB : Complètement, on veut garder la proximité que l’on a aujourd’hui avec nos salariés, c’est hyper important et c’est pour cela que l’on n’a pas forcément envie de devenir une grosse structure, de grossir. On veut juste continuer à améliorer les produits et la productivité, mais pas forcément devenir une multi nationale, ce n’est pas du tout notre ambition.

  • Charles : Reprendre la direction Broussaud, cela a été un choix de ta part ?

AB : Un choix, oui. Car dans la vie ce n’est que des choix. Ça s’est fait naturellement, je suis arrivée dans l’usine en 1999 et mes beaux-parents étaient là, moi je travaillais dans l’entreprise avec Aymeric. En 2006 quand l’entreprise est partie en liquidation, mes beaux-parents ont pris leur retraite. Ils étaient en âge de retraite, ils ont dit « on arrête ». Quand mon mari m’a dit « Mais moi c’est l’usine de mon grand-père, donc il faut que ça continu d’une manière ou d’une autre, ce n’est pas possible, qu’est-ce qu’on fait ? ». Donc moi je lui ai dit « Je te suis, si tu veux continuer, continuons, je t’aide. »

  • Charles : Et tu l’as suivi. Comment s’est déroulé la transmission avec tes beaux-parents et les grands-parents d’Aymeric ?

AB : Avec les grands-parents ça s’est fait de manière plus ou moins naturelle, parce que le grand-père d’Aymeric a créé sa boîte avec la grand-mère. Rapidement, quand le grand père a connu un très gros succès, beaucoup de salariés, lui a dit « J’ai fait ma part du boulot donc moi je m’en vais vivre sur la Côte d’Azur » et puis la grand-mère n’a pas voulu suivre. Elle a eu du mal à supporter cette idée et s’est suicidée. Du coup, les parents d’Aymeric étaient présents, donc ils ont dit « On n’a pas le choix on reprend ». Donc ils ont repris l’entreprise, pas vraiment par choix, mais c’était naturel. Les parents n’étaient plus là donc il fallait continuer. Nous, ça a été différents car mes beaux-parents ne voulaient pas que l’on reprenne la suite. Mon beau père nous soutenait qu’il ne fallait pas que l’on reprenne parce que c’était finalement que des problèmes, une vie trop compliquée, et qu’il ne voulait pas ça pour nous. Donc, il préférait que ça s’arrête. Sauf qu’Aymeric est né là, comme il disait « C’est mon nom qui est marqué sur l’usine, c’est le travail de mes grands-parents à la base, ce n’est pas possible que ça s’arrête ».

  • Charles : Il veut faire perdurer au maximum.

AB : Voilà !

  • Charles : Ok, c’est une belle histoire. Le métier des grands parents d’Aymeric était un peu différent du votre ou c’est exactement le même ? qui bien-sûr a subi à subit la mondialisation, mais qui s’est amélioré avec le temps, comment le perçois-tu ?

AB : Alors amélioré, oui, sur certains points. Au niveau technique etc, forcément, il a débuté, tout était manuel et mécanique, puis plus tard les machines électroniques sont arrivées. Les premières machines électroniques ont été achetées par le père d’Aymeric. Forcément, tout ça a évolué parce qu’au niveau technicité ça a progressé. En revanche, le métier en lui-même n’a pas tant progressé que ça. On a des vidéos du grand-père d’Aymeric du début des années 60 où il explique qu’il était confronté à l’import des chaussettes des pays de l’Est, voilà. Il allait voir ses clients, lui aussi parce que c’était un très bon commercial, il a fait les débuts de la distribution. C’est comme ça qu’il a réussi, il travaillait avec des gens comme Prisunic, par exemple.

  • Charles : Finalement, on peut dire qu’il a un peu connu la mondialisation ? 

AB : Oui, parce que déjà au début des années 60 il en parlait. Forcément beaucoup de choses ont évoluées, mais sur le fond, je ne trouve pas tant que ça. 

  • Charles : D’accord, il était peut-être un peu avant-gardiste.

AB : C’est ce qui a fait certainement, que oui, il a réussi.

  • Charles : Je me souviens d’une petite anecdote quand on est venus la première fois visiter l’entreprise. Tu m’avais raconté qu’un bus faisait les allers-retours. 

AB : Il faut comprendre qu’à l’époque il y avait 240 salariés à l’usine, forcément il y avait beaucoup de monde. Le grand-père avait mis en place un système de bus, l’usine avait son propre bus, et il allait chercher le personnel jusqu’à 20km à la ronde, il faisait la ramasse du personnel. Il y avait même une cantine sur place avec une cantinière qui préparait les repas du midi pour nourrir tout le monde. Il a même fait construire des maisons à côté de l’usine pour pouvoir loger les techniciens. On est un petit village de moins de 5600 habitants et l’on a quand même un HLM dans notre village, c’est le grand-père qui a participé à la construction de cet immeuble HLM pour loger les salariés. 

  • Charles : Ça l’a même poussé à faire de l’immobilier.

AB : Complètement, pour loger, pour faire venir les gens, etc.

  • Charles : Quand on parle de local, il y a forcément la localisation, comme tu viens de le dire on est dans un petit village ici, à l’écart. Est-ce que c’est important pour toi de rester ici ? Pour Aymeric ?

AB : Oui, vraiment. Parce que on a eu les réflexions, on est quand même dans une vieille maison j’ai envie de dire, qui a tous ses défauts. Justement, on parlé productivité tout a l’heure, c’est compliqué d’optimiser les productions parce que le bâtiment n’est pas du tout prévu pour ça. Et donc, on a eu des problèmes à certains moments pour recruter du personnel aussi. On est à trente kilomètres de la première ville, donc à un moment donné on s’est posé la question de faire construire un bâtiment neuf, optimisé, proche d’une ville, plus proche de Limoges. En fait, je crois que notre ADN est là, on est chez nous et c’est important. On a pas du tout envie de partir.

  • Charles : Il valait mieux peut-être créer des petits lotissements pour que les gens viennent (rires).

AB : (rires) Exactement ! 

  • Charles : Est-ce qu’avec Aymeric vous avez un mentor commun, ou une personne qui vous inspire, où qui t’inspire toi, personnellement ? 

AB : Alors, pas forcement, parce qu’on s’inspire de beaucoup de monde j’ai envie de dire, pas d’une personne en particulier mais on regarde toujours ce qui se passe autour de nous, on écoute beaucoup les gens. C’est hyper important pour nous de voir un peu ce que chacun fait, d‘écouter les conseils de chacun. Donc on a des associés, on n’est pas tout seuls avec Aymeric, on est majoritaire mais on a des associés qui pour nous sont très précieux pour le coup. On a un monsieur qui nous a aidé à repartir en 2006, il ne faut pas l’oublier, il s’appelle Alain Berest. C’est un monsieur qui a aujourd’hui 72, 73 ans, mais ses conseils nous ont toujours été très précieux, on les écoute. Et puis on a nos associés qui eux sont dans le textile, rien à voir avec nous, ils sont dans l’import, mais ils ont une autre vision des choses et c’est important de partager avec eux. C’est comme ça que l’on avance.

  • Charles : Finalement, tu as réussi, vous avez réussi, à internaliser vos mentors. 

AB : Exactement. 

  • Charles : On se croise souvent sur le salon du Made in France, c’est important pour toi d’être une entreprise qui fabrique en France ?

AB : Oui, encore une fois, sans me répéter, c’est notre ADN. On a toujours fabriqué en France, c’est ce que l’on sait faire. Donc aujourd’hui, je crois que c’est important de montrer aux gens qu’il y a des savoir-faire en France, que l’on est capables de produire des choses, donc de le mettre en avant. Si on participe à ces salons là c’est pour montrer aux gens que tout ne vient pas de l’import et que l’on sait encore faire des choses. Donc c’est important de participer pour le montrer et l’expliquer.

  • Charles : Pour toi, le Made in France pour une entreprise, par exemple comme la nôtre, c’est une force et des valeurs qu’il faut prôner, qui peuvent nous aider à se développer ? 

AB : Je pense, parce qu’aujourd’hui nous sommes tous dans une politique de proximité, d’avoir des produits qui sont fabriqués proche de chez nous, qui ne traversent pas la planète. On a ce côté un peu « écolo » j’ai envie de dire mais souvent on en sourit, et on en sourit de moins en moins parce que ça devient de plus en plus important. Donc on a ce côté-là, éco-responsable si je puis dire. Et puis, il y a le côté emploi aussi, on est quand même plutôt contents de faire travailler les gens de notre pays, qui participent à la création, à la production des produits que l’on va utiliser au quotidien, donc oui.

  • Charles : Je pense que c’est une belle boucle. Sur ta collaboration avec Aymeric, comment avez-vous séparé les tâches, qui fait quoi dans l’entreprise ?

AB : On est hyper complémentaires avec Aymeric. On partage le même bureau, on est toute la journée ensemble. Aymeric est lui très tourné sur le côté technique, machines, moi je ne sais pas faire. Je suis plus tournée sur la partie production pure et commerciale. Donc du coup, on se complète pas mal. 

  • Charles : Aujourd’hui vous avez presque 50 salariés, tu le disais tout à l’heure. Quelle est ta relation, votre relation avec ces salariés, ton management ? 

AB : Alors chez nous c’est simple. On n’a pas de côté RH, c’est nous qui gérons en direct avec le personnel. Notre porte de bureau est ouverte toute la journée, les gens viennent nous voir directement quand ils ont besoin de quelque chose. On a cette proximité avec les gens qui est très importante, j’ai besoin de savoir où ils en sont, que ce soit dans leurs vie personnelle, sans m’immiscer, mais c’est important de savoir comment ils vont, comment ça se passe chez eux, pour être sure qu’ils se sentent bien chez nous.

  • Charles : Oui, avoir un côté empathique.

AB : C’est indispensable, si on ne l’a pas je pense que ça ne peut pas fonctionner. Donc moi les gens le savent, quand ils ont besoin d’aide, que ce soit perso ou boulot, voilà, ils viennent me voir et on essaie de résoudre les problèmes ensemble et ça fonctionne bien comme ça.

  • Charles : Donc finalement, quelque chose de presque familial.

AB : On est une entreprise familiale, on doit le rester, on veut le rester, ça fonctionne comme ça, ça fonctionne plutôt naturellement. 

  • Charles : Une grande famille. On sort d’un période un peu difficile de crise sanitaire, notamment au niveau mondial mais aussi pour la France. Comment ont réagi tes salariés, comment ça a été perçu ? 

AB : Parmi les salariés, il y a eu plusieurs profils. Des gens ont eu très peur, vraiment, qui ont paniqué et ça on le comprend. Donc il y en a qui se sont enfermés chez eux à dire « Je ne sors plus tant que ce n’est pas résolu ». Quand nous on a demandé, on a arrêté seulement deux semaines la production mais quand l’on a voulu reprendre et que l’on a rappelé les salariés, la grosse majorité ont répondu présent. Tout le monde est revenu directement. Même si ont été encore en période de confinement, on leur a dit « Nous on a arrêté que deux semaines, c’est important de reprendre la production, il faut que l’on fabrique, que l’on livre nos clients, que l’on fasse rentrer de l’argent, que l’on tourne et montrer que l’on est vivants. C’était important. J’ai envie de dire que 95% des gens ont dit « On vient, on est là, il n’y a pas de soucis vous pouvez compter sur nous », donc ça c’était juste génial. Et puis il y en a certains qui ont eu très peur, qui ont dit non « je préfère rester chez moi, je veux attendre de voir ce qu’il se passe », on l’a compris, on n’a pas tous senti les choses de la même manière. En tout cas, on n’a pas voulu s’arrêter parce que c’était important que l’usine continue de tourner, il ne fallait pas que ça s’arrête.

  • Charles : Dans la globalité, ça a plutôt été bien perçu, il fallait travailler pour peut-être même sauver son emploi ?

AB : J’ai eu plusieurs réflexions de nos salariés dans ce sens-là, bien sûr au fond d’eux je pense que c’était pour sauver leur emploi, mais ce qui est sorti c’était pour sauver mon entreprise. On a tellement eu tous très peur, que tout se casse la figure, que l’on perde tout ce que l’on avait, on ne savait pas ce qui allait se passer, au niveau économique ça paraissait quand même assez dramatique. Donc les gens ont dit « Ce n’est pas possible, il faut que l’usine tourne, donc on vient ». 

  • Charles : Cette entreprise a tourné, elle a fabriqué plus de 90 000 masques, comment ça s’est fait ? 

AB : Comment ça s’est fait, c’est pareil, comme on est nous j’ai envie de dire, simplement. Lorsque le département est venu vers nous en nous disant « Il faut que vous fabriquiez des masques », on a répondu « On ne sait pas faire des masques, on sait faire des chaussettes, on n’est pas équipés pour faire des masques. ». Ils nous ont dit « ce n’est pas possible, vous arrivez toujours à trouver des solutions, trouvez une solution, faites des masques ». Et là c’était le côté Aymeric qui a pris ça en mains et qui a dit « Bon ok, on va essayer de fabriquer des masques ». Donc Aymeric a commencé à réfléchir, à voir les machines, il a appelé le technicien, il a dit « Comment on peut faire, on essaie de faire ça… ». Donc ils ont bossé là-dessus et ont réussi à nous développer un masque. On avait la pression des collectivités derrière, de notre communauté de commune, notre département qui nous disait « On en a besoin, on veut que les masques sortent de chez vous, c’est important, il faut que vous arriviez à sortir des masques ». On a donc bossé là-dessus, pour mettre un masque au point qu’on a réussi à faire valider par la DGA et la production a commencée derrière.

  • Charles : Sur le plan humain et économique, quelle est la conclusion de ces derniers mois passés ?

AB : On a une équipe qui est top, on a cette chance chez nous, mais ça a permis de resserrer les liens avec certains. Il faut être claire, concernant la fabrication des masques, il y a une équipe qui s’est branché là-dessus. Les gens qui ont travaillé sur les masques sont devenus une petite équipe, ça a resserré des liens. C’est bizarre mais c’est vrai que l’on peut en tirer ça. Et nous, on sait encore plus qu’on peut compter sur nos salariés aujourd’hui. Il y a quelque chose qui dit « On sait sur qui on peut compter dans les moments difficiles », nous on a passé une épreuve et on sait que l’on peut compter sur notre équipe quoi qu’il arrive et c’est quand même précieux.

  • Charles : Donc ça a tissé de liens et solidifié cet esprit d’équipe qui va vous permettre d’aller plus loin et même peut-être, plus rapidement. Est-ce que vos commandes ont été impactées au niveau du COVID ? Là on parle des chaussettes comme c’est votre métier principal, est-ce que ça a été impacté ? Comment vos clients ont vécu les choses ?

AB : Ça a forcément été impacté. Pendant plusieurs semaines il n’y avait plus de réassort, plus de commande, plus rien. On a eu la chance qu’il n’y ait pas eu d’annulation dans les commandes en cours, donc ça c’est énorme.

  • Charles : Les gens ont joué le jeu de leur côté.

AB : Exactement ! C’est pour cela qu’on avait arrêté au départ deux semaines parce que quand tout s’est effondré du jour au lendemain, nos clients nous ont dit « On ne sait pas ce qu’on fait ». Si nos clients ne savaient pas ce qu’ils allaient faire derrière, on n’allait pas produire sans savoir. C’est pour cela que l’on a arrêté la production à un moment donné, mais on a gardé contact avec nos clients. ET puis finalement, les jours qui ont suivis, on a dit « On va avoir besoin de marchandises de toute manière à un moment donné, donc on maintient les commandes ». C’est pour cela que nous avons relancé rapidement, pour poursuivre et pour pouvoir livrer à date, parce que l’on avait nos implantations des modèles été qui arrivaient. Normalement ils étaient prévus au mois d’avril/mai. On s’est dit « Si on reste arrêtés, on ne pourra pas livrer à date et personne n’aura rien à vendre au moment de la reprise ». On a donc préparé, avancé, on a perdu tout le côté réassort. Donc oui, on a perdu pas mal de chiffre d’affaires. Pour parler en chiffre, on a perdu 300 000 euros, ce n’est pas rien.

  • Charles : Qui n’ont pas été comblés par ces ventes de masques ?

AB : Si, je parle sur la chaussette. Vraiment on a perdu 300 000 euros de chiffre, mais en effet on a pu le combler grâce aux masques, et rebondir. Aujourd’hui on va très bien, et surtout, sortie de COVID, on a de très bons réassorts, qui sont meilleurs que ceux de l’année dernière.

  • Charles : Donc ça repart.

AB : Donc finalement ça repart très bien, les signes sont ouverts. On est des gens plutôt optimistes, la suite on la sent plutôt bien. 

  • Charles : Au niveau des masques, vous avez peut-être diminué ou arrêté la production, est-ce que c’est un métier que vous voulez continuer ? Finalement maintenant, tu sais faire, vous savez faire des masques, et est-ce que des marques ne vont pas se mettre à faire faire des masques ? Est-ce ça peut être une demande récurrente chez vous ? Est-ce que vous avez envie de faire ça ? 

AB : Alors nous notre métier c’est la chaussette, donc la priorité sera toujours la chaussette. On a arrêté à un moment donné les masques, on a des personnes qui sont revenues vers nous pour nous demander si on pouvait faire des masques, on les a fait. Donc on ne le met pas du tout en avant. Ce qu’on met en avant c’est notre métier de fabricant de chaussettes. Après quand on vient nous voir en disant « On a besoin de masques, est-ce que vous pouvez les fabriquer ? » oui, on répond favorablement. Mais en aucun cas on va dire que c’est quelque chose que l’on va mettre en avant et sur lequel on va travailler. On a notre masque, on sait le faire, et si quelqu’un a besoin, on fera.

  • Charles : C’était votre métier de 2020. En parlant de nouveau métier, tu parles souvent d’innovation. On a parlé tout à l’heure en off, sur des innovations au niveau de la matière notamment, du sourcing, est-ce que c’est important pour toi d’être à la pointe de l’innovation pour continuer à perdurer ? Est-ce que tu peux nous en parler ?

AB : Oui c’est important, parce qu’en effet il faut avancer. Nous on aime avancer, on aime les nouvelles choses, on aime progresser, donc on est toujours à la recherche de nouvelles matières un petit peu innovantes et de plus en plus responsables parce qu’on est partis sur ce schéma. Donc oui, on a beaucoup travaillé sur la partie recyclée, on était dans les premiers fabricants de chaussettes à travailler le recyclé, aujourd’hui on est premier fabricant de chaussettes et on est le seul qui arrive à recycler ses déchets et à refabriquer des chaussettes. C’est Aymeric qui a travaillé là-dessus, cela fait plusieurs années, ça a été très long et on a réussi à le mettre au point cette année, en 2020. Donc on est plutôt très contents de ça et on veut développer cette partie-là. Après, on essaye de sourcer des matières plus naturelles. Là on a des nouvelles matières qui vont arriver, qui ne se travaillent pas encore dans la chaussette, mais qui vont bientôt arriver, dans les prochains mois. Donc on est contents.

  • Charles : Donc c’est une petite exclusivité ! Quand tu travailles avec une marque comme la nôtre, Le Vent à la Française, qu’est-ce que vous voyez sur le point de vue humain, valeur ? Qu’est-ce qui vous intéresse le plus ?

AB : Dans le Vent à la Française, on a beaucoup aimé cette équipe jeune et dynamique avec un esprit très sain, de vouloir avancer de manière très naturelle dans leurs projets. Même si on est différents, ça correspond beaucoup à notre état d’esprit. On a aimé bien cette projection qu’ils avaient sur leur marque, et que tu as toujours, et c’est ça qui nous plait bien. Ça colle tout à fait à notre quotidien.

  • Charles : En parlant des valeurs, on se croise sur le salon du Made In France et on a souvent l’occasion d’en parler. Il y a pas mal d’entreprises qui indiquent le Made In France mais que ne fabriquent pas forcément tout en France, qu’est-ce que tu penses de ces entreprises ? 

AB : C’est une plaie, je n’ai pas d’autre mot, c’est une vraie plaie en fait. Nous vraiment, on se bagarre pour ça. Aymeric a rencontré notre ministre il n’y a pas très longtemps lors d’une réunion avec d’autres industriels. Elle s’est adressé directement aux industriels et a dit à Aymeric « Qu’est-ce que l’on peut faire pour vous aider ? ». Aymeric lui a dit « Je ne veux pas d’argent, je ne vous demande rien, la seule chose c’est de légiférer sur le côté Made in France, fabrication française ». Parce qu’aujourd’hui, beaucoup de personnes utilisent cette mention, le côté du petit drapeau bleu blanc rouge, le côté fait en France, réalisé en France, marque française, dessiné en France, mais tout ça ce n’est pas de la fabrication française. C’est compliqué parce que dans la tête du consommateur, il y a une vraie ambiguïté et les gens ne savent plus ce qui est vraiment fabriqué en France et ce qu’il ne l’est pas. Donc c’est un vrai problème.

  • Charles : D’un point de vue global, comment vois-tu le futur, notamment celui de la France ?

AB : Je pense qu’il faut rester très optimiste. Ce n’est pas possible de le voir autrement. C’est d’ailleurs ce que l’on peut en tirer de cette période de COVID qui est très compliquée. Ça revient de plus en plus dans la tête des gens qu’il faut travailler en proximité, qu’il faut acheter à proximité, c’est ce que je disais tout à l’heure. Du coup, je pense que le côté fabrication française à des beaux jours devant lui, si on le travaille correctement. Si on ne trompe pas les gens, je pense qu’il y a un bel avenir sur la fabrication française. 

  • Charles : Je pense aussi. On a l’habitude de laisser le mot, la phrase de la fin à notre invité, donc si tu as quelque chose qui te tient particulièrement à cœur, peut-être un adage ?

AB : Non, alors honnêtement, je n’ai pas un adage particulier. Ce qui me tient à cœur aujourd’hui, c’est surtout le fait qu’on a 47 salariés, on est hyper contents de faire vivre des personnes, des familles, et de participer à l’aventure du Made in France.

  • Charles : Participons ! Merci Alexandra ! 

AB : Merci à toi ! 

Jingle 

Charles : Voilà, vous venez d’écouter ce podcast, j’espère qu’il vous a plu et qu’il vous servira pour la suite. N’hésitez pas à partager ce podcast, cela nous permet de faire voyager encore plus loin nos valeurs et notre vision des choses. Et n’oubliez pas, « Il n’y a pas de Vent contraire pour celui qui sait où il va ».

 

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