Le 7ème continent : un fléau planétaire

Le 7ème continent : un fléau planétaire

Face à l’urgence climatique à laquelle nous sommes tous et toutes désormais confrontés, il semblait essentiel pour Le Vent à la Française de contribuer à informer et à sensibiliser à propos de ses enjeux. Aujourd’hui, nous tenions à évoquer la question du vortex de déchets du Pacifique nord, plus communément appelé le 7e continent. En effet, il existe bel et bien, mais ce n’est pas pour plaire à la planète ni à ses habitants.

Encore trop peu médiatisé, ce phénomène grandissant se doit d’être abordé pour le simple fait de comprendre l’impact de la production et de la consommation de l’Homme. L’équipe du Vent souhaite justement mettre des mots sur ces apparitions, dans un objectif de prévention en toute bienveillance. Bien conscients que nous ne sommes pas exemplaires puisqu’il est impossible d’avoir un impact 0, cependant le changement ne tient qu’à nous.

Bien qu’étrange, ce phénomène conçu par notre propre société de consommation à tous, mérite toute notre attention car il ne cesse de s’étendre et de se développer. Amateurs de la nature et des océans, il nous paraissait impossible de rester impassible. Pour cela, nous avons souhaité vous éclaircir le sujet en évoquant les conséquences de nos 8 millions de tonnes de plastiques rejetés en mer.

 

Le 7e continent, un monstre de plastique

Son apparition

Pour comprendre l’apparition de ce phénomène il faut remonter en 1997, lorsque le navigateur Charles Moore se retrouve par le plus grand des hasards dans un long et lent tourbillon subtropical au sein du Pacifique Nord. À ce moment, en plus d’avoir la crainte de voir son bateau englouti, ce dernier se voit entouré et submergé d’une vaste quantité de bouteilles, de sacs et autres poches, ou bien même de jouets ou d’éléments en plastique de la vie quotidienne.

C’est ce qu’il nommera par la suite “the Great Pacific Garbage Patch”, à savoir, en français, la plus grande zone de détritus du Pacifique. Cette triste découverte est aujourd’hui véritablement décriée, censurée, voire niée. Suite à cet événement inattendu, il décide d’y retourner afin d’estimer la gravité de la situation. C’est 1 an plus tard, 1998, qu’il se rend de nouveau sur les lieux pour effectuer des prélèvements. Ceux-ci s’avèrent assez choquants puisqu’il évoque déjà la présence de 3 millions de tonnes de déchets plastiques, à l’époque.

 

Le mythe du “continent” de plastique

Très souvent comparé à l’image d’un territoire et d’un continent, le vortex de déchets s’apparente dans notre imaginaire à une vaste plaque de déchets et de détritus. En effet, pour sensibiliser et traduire objectivement la gravité de la situation, les scientifiques font le choix de cette comparaison pour prévenir le grand public, mais celle-ci ne représente pas véritablement la vérité.

Cette image ne sert donc qu’à visualiser l’étendue des dégâts pour tendre plus facilement à une prise de conscience collective. Ainsi, pour que vous puissiez mieux comprendre, il faut savoir que ce vortex de plastique équivaut à la taille d’⅓ des Etats-Unis, c’est-à-dire 6 fois la France. Bien que nous ayons l’image d’un amas compact de déchets plastiques, la réalité est toute autre puisque cela ressemble davantage à une “soupe de plastique”.

François Galgani, océanographe et chercheur spécialiste des déchets à l’Ifremer, explique que ce continent de plastique est constitué d’un grand nombre de macro-déchets épars et d’une variété de petits fragments. Ces infinités de micro-plastiques sont généralement inférieures à 5 millimètres et gravitent en suspension, de la surface jusqu’à 30 mètres en profondeur, si ce n’est plus.

 

Quelques chiffres alarmants

Pour que vous puissiez saisir l’importance d’une prise de conscience générale, il faut savoir que dans les années 50, la production de plastique était d’environ 1,5 millions de tonnes. Tandis qu’aujourd’hui, l’usage du plastique est malheureusement en plein essor, puisque l’on compte 300 millions de tonnes. Le problème concerne 30 millions de celles-ci, car c’est le nombre qu’il est possible de retrouver chaque année sur les côtes et dans les océans.

La situation est loin d’aller en en s’arrangeant et c’est bien pour cela que nous vous parlons à cœur ouvert de nos craintes, envers l’avenir de la planète. En 40 ans, l’océan Pacifique s’est vu pollué d’un nombre inquiétant de déchets plastiques, s’étant multiplié par 100. C’est justement ce phénomène que nous appelons aujourd’hui le 7e continent, qui décime de nombreuses tortues, oiseaux de mer et bien d’autres espèces actuellement disparues ou en voie de disparition.

Charles Moore a également estimé que la quantité de plastique dans l’eau, à certains endroits, est bien plus importante que celle du plancton, étant pourtant un des maillons essentiels et élémentaires de la vie au sein des océans. Jusqu’à 10 fois supérieurs, les scientifiques appellent ces micro-plastiques, du “plancton plastique” puisque ceux-ci sont très souvent absorbés par la faune marine, provoquant leur perte.

 

Des solutions pour remédier à la pollution plastique 

Selon Marcus Eriksen, le directeur de recherche et d’éducation de l’Algalita Marine Research Foundation tient à rétablir la vérité, à savoir qu’il n’y a rien que nous puissions faire maintenant, à l’exception de ne pas faire plus de mal. Ainsi, l’essentiel est de bousculer ses habitudes de consommation pour éviter tous les facteurs pouvant porter atteinte à la planète et à nous autres, habitants, indirectement.

Nombreux ont été les acteurs à mettre de nombreuses actions pour réduire l’accumulation de plastique dans les océans. Nous pensons tout particulièrement au navire Maersk Launcher et à la mission orchestrée par la fondation Ocean Cleanup, inaugurée le 8 septembre 2018. Le concept repose sur le fait de placer à l’arrière du navire un piège d’une grande immensité (600 mètres de longueur), visant à capturer les déchets et détritus polluants pour contribuer à réduire les tonnes de plastiques situées dans l’océan Pacifique. L’ONG a pour objectif de recueillir le plastique flottant à la surface que le bateau soulèvera, et celui-ci se verra par la suite recycler.

D’autres initiatives visent à prendre, quant à elles, le problème a sa source, en apprenant à mieux agir au quotidien. C’est justement le rôle du projet Plastic Odyssey étant très engagé contre la pollution plastique en mer. Très actif, il est à l’origine de nombreuses expéditions et a mis au point un système de barrières flottantes qui ont pour mission de retenir et de capturer les déchets plastiques.

Quant à nous, l’équipe du Vent à la Française souhaite chaque jour contribuer à son échelle, en prenant soin de la planète et plus particulièrement des océans. Nous ne pouvions rester passifs devant la gravité des chiffres : en 2050, il y aura plus de plastique dans les océans que de faunes marines, provoquant la perte d’un grand nombre d’espèces présentes, qui seront contraintes de se nourrir de plastique et de détritus.

Ainsi, nous avons un projet en cours que nous avons fait le choix d’intituler “Contre-Courant”, à l’image de cette action. L’idée repose sur le fait de créer des bracelets issus de la récupération de cette pollution. Ils seront donc entièrement conçus à partir de nylon recyclé, provenant de fils de pêche usagés et récupérés au sein des mers et des océans à travers le monde. Il est clair que les écosystèmes marins comptent sur nous, alors rendons-leur, cette beauté qu’ils apportent à notre environnement.

 Alors prenons en main notre avenir et soyons tous ensemble des acteurs du changement ! 


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